Acheter un appartement ou une maison sur plan implique de s’engager pour un bien qui n’est pas encore totalement construit. Comment s’assurer que les travaux seront réalisés comme prévu ? Quand faut-il payer ? Que se passe-t-il si le vendeur ou l’entrepreneur rencontre des difficultés ?

Qu'est ce que la loi Breyne ?

La Loi Breyne est la loi belge du 9 juillet 1971 réglementant la construction et la vente d’habitations à construire ou en cours de construction.

Elle vise notamment à protéger :

  • celui qui fait construire une habitation ;
  • celui qui achète une maison ou un appartement à construire ;
  • celui qui achète une habitation dont la construction est déjà en cours.

Son principe est relativement simple : l’acquéreur bénéficie d’un cadre destiné à sécuriser son achat tout au long du processus de construction.

La loi encadre notamment les informations communiquées à l’acquéreur, les paiements réalisés au fur et à mesure du chantier et les garanties financières destinées à le protéger en cas de défaillance de l’entreprise.

Quand la loi Breyne s'applique-t-elle ? 

Pour qu'un projet immobilier soit couvert par la Loi Breyne, toutes les conditions suivantes doivent être réunies :

  • Localisation : Le bien immobilier à construire ou en cours de construction doit être situé en Belgique.
  • Usage d'habitation : Le bâtiment doit être destiné totalement ou principalement à l'habitation (résidence principale ou secondaire). Un usage mixte (ex. cabinet médical + logement) est autorisé si la partie habitation représente au moins la moitié de la surface.
  • Un seul intervenant global : Vous faites appel à un seul interlocuteur (promoteur immobilier, entrepreneur général ou société clé sur porte) pour l'ensemble des travaux.
  • Paiement échelonné : Le contrat stipule un ou plusieurs versements avant l'achèvement complet du chantier.
  • Qu'en est-il pour les rénovations ou extensions ? Les travaux de transformation ou d'extension sont uniquement couverts par la Loi Breyne s'ils sont prévus dans le contrat de transfert de propriété et si leur montant représente au moins 80 % du prix de vente de l'immeuble (avec un montant minimal fixé à 18 600 €).
  • Quelles sont les garanties financières prévues par la Loi Breyne ?

    Acheter un bien qui n'est pas encore sorti de terre exige des garanties financières solides. La loi Breyne encadre très strictement les paiements.

    Acompte et échelonnement des paiements

    • Acompte limité à 5 % : Lors de la signature de la convention, le vendeur ne peut pas exiger plus de 5 % du prix total du bien.

    • Paiement par tranches : Le solde est versé progressivement. Chaque paiement doit correspondre à des travaux effectivement réalisés et vérifiés.

    • Prix total fixe : Le montant global est défini à l'avance. Une révision de prix n'est possible que sous des conditions légales bien précises prévues au contrat.

    Le cautionnement : une protection contre la faillite

    Pour éviter que l'acheteur ne se retrouve sans recours si le constructeur fait faillite, la loi exige un cautionnement financier obligatoirement consigné :

    Type d'entrepreneur  Garantie Obligatoire sous la Loi Breyne
    Entrepreneur agréé Cautionnement de 5% du prix du batiment, déposé sur la Caisse des Dépôts et Consignations
    Entrepreneur non agréé

    Garantie d'achèvement de 100% assurée par une banque ou une compagnie d'assurance 

    Double réception et garanties post-chantier

    Pour garantir la qualité de la construction, la Loi Breyne a instauré un processus de livraison en deux temps : 

    1. La réception provisoire
    Elle a lieu lorsque les travaux sont achevés et que le logement est habitable. Transfert des risques : C'est à ce moment que la responsabilité des risques (vol, incendie, dégâts d'intempéries) passe du constructeur à l'acheteur. Libération partielle de la caution : La première moitié du cautionnement (2,5 %) est généralement libérée à cette étape.

    2. La réception définitive
    Elle intervient au minimum 1 an après la réception provisoire. Cette période d'un an permet à l'acquéreur de vivre dans le logement pendant les 4 saisons afin d'identifier d'éventuels défauts ou vices cachés. La seconde moitié de la caution est débloquée lors de cette signature.

    Quels documents doivent être annexés au contrat ?

    Pour assurer une transparence totale, la loi Breyne oblige le vendeur à fournir des informations complètes avant toute signature. Le compromis de vente ou le contrat de construction doit impérativement inclure :

    • Le plan détaillé du logement à construire.
    • Le cahier des charges décrivant précisément les matériaux utilisés et les prestations techniques.
    • L’acte de base et le règlement de copropriété (s'il s'agit d'un appartement).
    • Les dates et délais : La date de début du chantier, le délai d'exécution exact et les indemnités dues à l'acheteur en cas de retard.

    En résumé : que faut-il retenir de la Loi Breyne ?

    La Loi Breyne encadre l’achat et la construction de logements à construire ou en cours de construction en Belgique. Elle prévoit notamment un acompte limité à 5 %, des paiements échelonnés en fonction de l’avancement des travaux, une garantie financière obligatoire, un contrat détaillé et une réception du logement en deux étapes.

    Son objectif est avant tout d’offrir à l’acquéreur un cadre clair et protecteur lorsqu’il s’engage dans l’achat d’un logement qui n’est pas encore totalement construit.

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